Mardi, 23 Fevrier 2010

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MENSONGES DE MINISTRES ?

Messieurs Bernard Kouchner et Alain Joyandet, ont-ils menti ou se sont-ils tout simplement trompé ? Incompétence ou volonté de désinformation ?

Le Collectif SOS Haiti Enfants Adoptés déplore les effets d’annonce, les chiffres erronés et contradictoires, les jeux d’amalgame destinés à masquer l’absence de décision politique, le peu de moyens dévolus et la confusion et l’inertie qui en résultent.

M. Bernard Kouchner, ministre des Affaires Etrangères et Européennes, a déclaré au Sénat, le 4 février : «Nous avons effectivement pu d'ores et déjà rapatrier 323 enfants.»(cf, 1) Selon le SAI, Service de l’Adoption Internationale, émanation du MAE, au 4 février, 275 enfants auraient été évacués. (cf, 2). Chaque enfant compte. Erreur ou tromperie, le ministre se trouve corrigé par ses propres services.

M. Alain Joyandet, secrétaire d’État chargé de la coopération et de la francophonie, a déclaré à l’Assemblée Nationale, le 2 février : « Aujourd’hui, 914 familles bénéficient d’un jugement grâce auquel 228 enfants haïtiens ont déjà rejoint leur famille française d’adoption. Il y en aura quarante-cinq de plus aujourd’hui et cinquante jeudi.» (cf, 3)
M. Alain Joyandet selon lequel le nombre d’enfants évacués au 4 février devait s’élever à 323 est également contredit par ses propres services et la réalité.
Plus grave, le secrétaire d’État chargé de la coopération et de la francophonie, estime que « 914 familles bénéficient d’un jugement », malheureusement non, ce chiffre de 914 correspond au nombre de familles qui étaient en voie d’adoption avant le séisme. Toujours selon le Quai d’Orsay, au 1er février, le nombre de dossiers et d'enfants arrivés au stade du jugement serait de 406 familles pour 454 enfants.

Le Collectif SOS Haïti Enfants Adoptés espère qu’il s’agit d’erreurs humaines et invite les dits ministres à éviter la réitération d’annonces erronées.

Nous déplorons également que M. Bernard Kouchner entretienne sentencieusement l’amalgame et la confusion sur l’identité établie de nos enfants. « Nous travaillons nuit et jour pour pouvoir accueillir d'autres enfants, mais nous ne pouvons les arracher à leur histoire et à leurs souvenirs, et devons nous assurer qu'ils sont bien orphelins. » a-t-il déclaré le 4 février au Sénat.
Avant le séisme, 300.000 enfants haïtiens vivaient dans des orphelinats, dont 50.000 avaient perdu leurs deux parents, d’après l’UNICEF. Les familles que représente ce Collectif bénéficient toutes de l’agrément de l’Etat français et étaient toutes déjà apparentées à leur enfant avant le séisme.
Les initiatives criminelles, les vols d’enfants sont des menaces réelles que nous vivons dans l’angoisse. Jouer de ces menaces, de cette peur, pour masquer le peu de moyens dévolus à l’examen des dossiers et au rapatriement des enfants, l’absence de sécurisation des crèches, l’absence de décision politique après trois semaines est tout simplement déplorable et ce, quelle que soit la bonne volonté et la mobilisation des fonctionnaires du SAI.
www.soshaitienfantsadoptes.org
(1) : (http://www.senat.fr/cra/s20100204/s20100204_mono.html#par_903)
(2) : (http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/actions-france_830/adoption-internationale_2605/actualites_3230/2010_19952/haiti-situation-au-4-fevrier-2010_79360.html)
(3) : (http://www.assemblee-nationale.fr/13/cri/2009-2010/20100118.asp#P100_5014)